3
Oct

Mortem sumus

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

 

Nous ne nous étions pas vus depuis cinq ans mais je la reconnus tout de suite. Elle aussi devait savoir qui j’étais (comment en aurait-il pu être autrement !) mais elle n’en laissa rien filtrer, pas même détourna-t-elle le regard ni ne cilla, sa poitrine ne fit aucun bonds, sa respiration ne se fit pas haletante, elle gardait tout empire sur son paraître, comme naguère. Peut-être ne trahissait-elle rien de ses émotions par fierté féminine, ou parce qu’elle avait honte d’être si décatie.

Je me rappelle sa peau veloutée pareille à un pétale de chrysanthème à peine éclos, ses joues pleines de vie, ses délicates mains toujours gantées de dentelles, ses lèvres sanguines ; et désormais la voilà le cuir racorni et sillonné de moisissures, un teint de feuille de platane automnal, ses joues creusées par l’acide du temps, ses mains décharnées et nues, ses lèvres retroussées sur ses dents sans gencives. Ou peut-être me dédaignait-elle parce que je l’ai tuée la dernière fois que nous nous sommes rencontrés. Ce que les femmes peuvent être rancunières ! C’était il y a si longtemps, il y a tout de même prescription ! Ne me reste plus qu’à espérer que son spectre, ainsi que celui des autres trépassées, quittera enfin mon mausolée.

 

 

On ne peut pas profiter du dernier jour de la vie puisque ce n’est que l’avant-premier jour de la mort.

 

29
Sep

Fermeture temporaire pour cause d'annulation de fin du monde

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Je n’aurais jamais cru que le monde tiendrait si longtemps, je pensais même, à l’époque où planifiai les sorties sur ce blog, avoir prévu sur du trop long terme (100 ans après que le monde ait à peu près cessé d’être intéressant, c’est toujours prévoir sur du trop long terme), mais apparemment chacun se comporte comme ces bagnards sans aucune chance de se soustraire au soleil de plomb, au labeur, aux fers, à leurs geôliers, à leurs codétenus, ni à leur mort, mais qui n’usent pourtant pas de leurs pioches pour creuser leur tombe.

Soit… en attendant la suite tenez-vous bien à table, soyez poli, et n’ayez crainte, vous ne risquez jamais rien : les alligators sont toujours édentés, les serpents ne sont jamais venimeux, les précipices sont toujours des trompe-l’œil.

Pensez tout de même à détruire le monde avant qu’il ne se délite de lui-même, et si vous lancez une pétition pour obliger le temps à s’inverser prévenez-moi.

F.T.

 

22
Sep

La mort a des raisons que la raison ne connait pas

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

                Même lorsque l’on se trouvait deux étages plus bas, toutes portes fermées, on pouvait l’entendre râler, couiner, pleurer, hurler, gémir, maugréer, se plaindre, braire, pleurer. Si l’on osait lui rendre visite dans sa chambre on pouvait le voir se tordre sur son lit, entouré d’herbes médicinales et plongé dans les vapeurs d’eaux parfumées et les fumées d’encens. Comme il s’oignait les mains de diverses huiles réputées avec une maniaquerie frénétique il ne pouvait rien saisir, alors il fallait se plier à ses prières et prendre sur la commode qui lui faisait office de table de nuit l’une des idoles (il en avait de chaque religion, semble-t-il) que sa lubie du moment inclinait à vénérer et la lui .

                Sa peau s’était ridée à force de grimaces de souffrance, sa gorge avait pris de sublimes proportions à force de lamentations. Il était devenu opiomane et les narcotiques ne le soulageaient pas plus maintenant que naguère. Il était aussi devenu adepte de vin thérapeutique, de siestes médicinales et d’onanisme prophylactique.

                Parfois il parvenait à se lever avec une apathique langueur et titubait jusqu’à la fenêtre pour vomir des insultes au ciel dont il qualifiait toujours la lumière de moribonde et néfaste.

                Ses pieds étaient consumés par un feu qu’aucun bain ne pouvait étouffer tandis que ses mains sans cesse glaciales lui interdisaient de se masser les yeux toujours agressés par des myriades de dards. Son ventre paraissait pris dans les tenailles de quelque bourreau de l’inquisition. Ses dents lui indiquaient qu’au moindre choc elles se laisseraient déchausser. Sa langue était trop sensible pour subir quoi que ce soit qui ne fut baigné dans du sirop d’érable. Ses ongles auraient pu être attaqués au burin qu’ils auraient été moins douloureux.

                Tout cela avait commencé par un simple coup de froid, lorsque le Dr. Riviera lui avait dit : « Je ne peux rien pour vous, il vous faut du repos », ce que l’enrhumé avait mal interprété. Car il n’était pas le moins du monde malade, mais il ne le savait pas.

                « Voilà. Ah, voilà ! sourit-il un matin en rendant son dernier souffle, mourant d’un malentendu, mourant de rien, mais enfin apaisé.

19
Sep

Dans la carrière du mal… atmosphère douce!

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l’eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme sur un fumier, pousse un énorme champignon, aux pédoncules ombellifères. Assis sur un meuble informe, je n’ai pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont pris racine dans le sol et composent, jusqu’à mon ventre, une sorte de végétation vivace, remplie d’ignobles parasites, qui ne dérive pas encore de la plante, et qui n’est plus de la chair. Cependant mon cœur bat. Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n’ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? Sous mon aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence, et, quand l’un d’eux remue, il me fait des chatouilles. Prenez garde qu’il ne s’en échappe un, et ne vienne gratter, avec sa bouche, le dedans de votre oreille : il serait ensuite capable d’entrer dans votre cerveau.

*

Si tu ne sais pas qui chante ainsi fais-m’en part : je laisserai mes ongles pousser durant quinze jour pousser mes ongles pendant quinze jours. Oh! comme il sera doux d’arracher brutalement de ton lit, toi l’enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur ton front, en inclinant en arrière tes beaux cheveux! Puis, tout à coup, au moment où tu t’y attendra le moins, d’enfoncer mes ongles longs dans ta poitrine molle, de façon que tu ne meures pas; car, si tu mourais, on n’aurait pas plus tard l’aspect de tes misères. Ensuite, je boirai le sang en léchant les blessures; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant que tu es pleureras. Rien n’est si bon que ton sang, extrait comme je viens de le dire, et tout chaud encore, si ce ne sont tes larmes, amères comme le sel.

14
Sep

On n'échappe pas à la fin-de-siècle

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

La lueur des becs de gaz se reflétait en une étrange couleur glauque sur le pavé humide, une teinte entretenant les ténèbres, soulignant l’obscurité environnante, enlinceulant les alentours toujours plus improbables, moins suspects, absents.

Et le temps s’écoula, le présent sombra dans le passé, s’abîmant de plus en plus profondément.

Désormais le soleil ne baignait pas la contrée, non : tout comme les formes et les couleurs il s’y engloutissait, inhumé dans les épaisses brumes ondoyant sans passion ni raison en dessinant des silhouettes éthérées, cyclopéennes, divines et menaçantes. Quand je marchais il me semblait que le sol n’était plus et que tout mon corps était soumis à une pression négative. Lorsque je m’arrêtais j’entendais des murmures bruire partout avec hostilité. Mais au-delà je savais que…

***

Réalité : Épreuves rendent plus fort. (Mais à quelle fin ?) – Soumission à la chimérique quête du bonheur.

Imaginaire : Choisir son époque, même impossible, même fragmentaire. Tout y est plus beau : les paysages, les femmes, les arts, les couleurs, les musiques, les folies, les bizarreries, etc. Tout y est plus pur, ou plus idéal, ou plus étrange, ou moins ci, ou plus cela, au choix. Liberté d’être qui l’on souhaite, d’être ce que l’on désire, d’être tout le monde ou même personne. Liberté de faire taire qui l’on veut, de faire stopper n’importe quelle situation. Possibilité de planer, de plonger indéfiniment, d’acquérir ou perdre des sens. Etc. Etc.

***

Ce furent donc les deux missives que nous trouvâmes. Dans un récit imaginaire nous les aurions évidemment découvertes dans un logement vide, mais le pauvre bougre était toujours là, catatonique. Lui dont certains disaient qu’il préparait le casse du siècle (il voulait voler toute la fin-de-siècle) n’aura même pas su effacer les preuves de son existence.

Certains niais optimistes clameront qu’il a néanmoins déserté son corps : qu’ils aillent lui verser du jus de citron dans l’œil, ils verront s’il n’est pas encore là.

-*-

Mais même en début de siècle…

12
Sep

Je

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

 

Ces faquins de nains grouillaient derrière la porte. J’entendais leurs petits poings gras s’abattre sur le bois, leurs voix filtrées par leurs cordes vocales insolites, naguère cocasses, vociférant désormais de sinistres insultes et des promesses funèbres à mon adresse.

Tirant quelques pierres du pied pour les ramener vers moi, je les calais sur le seuil puis je fuis. D’abord je grimpai la muraille espérant ainsi prendre de l’avance, mais c’était sans compter sur l’agilité des diables à mes trousses. Alors je profitai d’une corniche naturelle dont je savais qu’elle gagnait l’un des encorbellements du château avec pour mauvaise – mais seule – idée de regagner les délétères labyrinthes dont je tentais pourtant de m’éloigner, car que faire sur cette île aux dimensions absurdes, cette île sans côte et sans rivage, cette île où, de l’horizon bouillonnant aux plus obscurs puits, tout n’est teint que dans cette couleur jaune et sale à laquelle aucun individu sain d’esprit ne peut croire ?

En brisant le vitrail je crus, un fugace instant, percevoir une silhouette féminine, portant une robe de velours cramoisi, certes terne et lourdement brodée d’ocre pâle, néanmoins quelque chose comme une couleur divertissante, et cela suffit à mon faible cœur pour s’emplir de lamentables espoirs. Dans quelles affres de niaiseries et d’afflictions peut-on sombrer lorsque l’on se retrouve captif ! Quelles erreurs de commet-on pas lorsque…

J’écrivais ceci lorsque je me paralysai : « Mais de qui parlé-je en disant je ? »

Je cessai ma lecture en m’interrogeant : « Mais pourquoi me récité-je une mésaventure à la première personne du singulier alors qu’à moi il ne pourrait rien m’arriver de tel ? Je pourrais me sauver de ce mauvais pas tout simplement en cessant de lire. »

Si un auteur c’est un monde piégé dans un individu, est-ce qu’un lecteur ce n’est pas un intrus ?

Qui a imaginé le personnage que vous êtes ?

9
Sep

Limbes

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Certes l’on pourrait m’accuser de meurtre, et certes je plaiderais coupable, car j’ai bel et bien tué, mais ne suis-je pas déjà condamné à la pire des peines ?

Tout commença lorsque je vis le jour : j’ai surgi dans un logis insalubre où gisait un homme nauséabond, hideux même selon les critères les plus extravagants, répugnant du corps à l’âme en passant par l’esprit. Il me parlait, sans cesse, de tous les sujets les plus bizarres et insensés que son putride esprit pouvait engendrer, et moi je devais l’écouter, encore, encore et encore.

Alors je l’ai assassiné, comme une manière de suicide : les amis imaginaires ne sont-ils pas censés mourir quand le créateur qui les a engendrés cesse de vivre ! Et désormais qui va pouvoir m’oublier pour que je disparaisse enfin ?

 

7
Sep

Ainsi parlait la pourriture

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Est-ce parce qu’une moisissure aqueuse parle qu’elle est – ou a été – vivante ? La question s’est posée lorsqu’une flaque de fange gélatineuse bouillonna et s’exprima ainsi : « J’ai toujours su que je finirai ainsi. Souviens-toi que tu es putrescible. »

Elle ne nous entendit pas lui demander si elle avait une âme, si elle était morte ou vivante, si nous pouvions lui prélever de son liquide afin de l’analyser, si nous pouvions tenter de mesurer sa densité en tentant d’y faire flotter différents bateaux en papier, mais elle continua ainsi son discours : « Maudissez-moi, au moins cela sera fait, ensuite aurai-je probablement la motivation nécessaire pour fermenter des vers et des rimes. Il n’y a que ça : être une pourriture, être un poète maudit. »

Nous passâmes nos mouchoirs au parfum fort, c’est-à-dire au laudanum et à l’eau-de-vie, les plaquâmes sur nos visages puis affrontâmes les miasmes pour nous approcher davantage et observer les volutes artistiques dansant dans la viscosité qui proclama : « Qu’importe tout ce qui se passe avant la mort. Mais qu’importe aussi ce qui se passe après ! Alors, après tout, maudissez-moi ou pas, j’ai finalement décidé de ne pas faire de poésie. Jamais ! »

Ce fut l’un de nous qui osa enfin cracher dans la petite mare, ce qui ne sembla avoir aucun effet probant puisque l’entité continua de soliloquer : « Néanmoins je ne serais pas contre le fait de mourir, encore une fois, car cela ne m’a manifestement pas suffit. Même la pourriture a droit à la paix éternelle, même la moisissure a droit à la décomposition (la vraie décomposition), non ? »

Nous la laissâmes là tandis qu’il ou elle continuait en évoquant sa mort par évaporation, son trépas dû à un certain type de gangrène inconnu, et d’autres frénésies du même acabit.

 

« Être éphémère, voilà ce qui pourrait m’arriver de mieux, entendis-je une fois glouglouter dans des caniveaux avec la même voix que la flaque.

Preuve qu’il ne faut vraiment pas se fier aux apparences, un amas d’immondices est parfois plus sensé que les amas de chairs savonnées.

 

4
Sep

Hymne à la joie

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Peu connaissaient son nom et peu étaient ceux qui parvenaient à ne pas oublier son visage sans un monumental et terrible effort psychologique, car en réalité il était davantage un sentiment flou, une vague incarnation, qu’un réel personnage. Il avait le teint rosâtre, des cheveux parfaitement coiffés, des moustaches et des rouflaquettes toujours propres et bien taillées, un visage sans cicatrice, un dos droit, des manières de gentleman, des vêtements qui paraissaient n’avoir jamais été raccommodés si souillés. Il saluait poliment, faisait le baise-main même aux catins des bas-fonds, et donnait la mesure de son hygiène dentaire à chaque sourire qu’il affichait sans jamais paraître subir de crampes aux joues ou aux lèvres.

Il sifflotait toujours sur des gammes majeures, avait toujours une plaisanterie de bon goût prête à glisser dans une discussion, ce genre de  malice permettant de ne pas s’esclaffer impoliment mais qui n’offusquerait personne.

Partout où il se rendait il était à son aise, et il avançait aussi sûrement que si le sol avait été pavé de joies et d’épanouissements. Pourtant il ne buvait pas, les pickpockets n’auraient jamais pu espérer lui voler de flasque de laudanum ni se piquer avec une seringue de cocaïne, tout juste lui connaissait-on un penchant pour les sucreries qu’il partageait d’ailleurs fort volontiers avec quiconque lui semblait en avoir envie.

Certes, ce type de déficient mental  heureux de vivre, jouissant de tout et avec tous, le cœur débordant d’une répugnante allégresse, n’est pas aussi rare que l’on imagine, mais cet homme que je décris n’appartient pas à cette classe de pourceaux, bien au contraire. Il nous l’avoua lorsque nous le soumîmes au sérum de vérité que voulait expérimenter le Dr. Riviera. Après que nous lui eûmes inoculé le produit il livra tout :

« Mais je ne suis pas heureux, pas le moins du monde ! Tout juste suis-je un excellent acteur. Ce que je souhaite c’est faire de l’ombre aux autres, c’est que ceux qui croient luire de bonheur se trouvent bien ternes comparés à moi.

« Afficher une félicité inébranlable et permanente, voilà ce qui détruit les autres plus sûrement que n’importe quelle niaiserie poétique romantique, plus violemment que l’amour, l’amitié, ou je ne sais quelle fadaise. Le spleen c’est de l’opium, du nectar de fillette, mais le bonheur insolent, voilà le poison le plus parfait. Je veux être le venin de chacun, je veux que, le soir venu, lorsqu’ils se font face à eux-mêmes, tous ceux qui ont eu à subir mes dents blanches sous mes lèvres vives et souriantes sombrent dans l’affliction, qu’ils soient désolés de ne voir que mon arrière-train poudré et propre les saluer sur l’échelle de l’allégresse, je veux que leur déréliction les entraine dans les pires affres, que même sous un soleil estival ils se croient dans un mausolée.

« Parfois je passe des semaines à harceler certaines proies avec mon bonheur, et parfois seul le passage de ma bonne humeur les fait périr. Un pendu, un corps boursouflé glissant sur les eaux glauques du fleuve, un avis nécrologique, un corps portant les empreintes de fers à cheval, tout ceci, que cela peut me faire sourire, me donner la force de continuer à sembler heureux ! »

31
Août

Ode à un digne nu-tête

   Ecrit par : heresie   et classé dans Non classé

Si j’ai tant d’estime pour cette personne dont je tairai le nom ce n’est pas parce que comme tout grand personnage il s’est donné la mort avant de faner intérieurement (c’est-à-dire avant 24 ans), pas plus que pour ce que l’opinion publique qualifierai de crimes ou d’art, non ! Je l’admire parce qu’il a toujours refusé de porter des chapeaux.

Certes il a tenté de faire le bien autour de lui : il a replacé un enfant dans le sein de sa mère en les tuant tous deux par la même occasion (l’enfant avait déjà neuf ans), il a remplacé trois étés par autant d’hivers, il a interverti l’âme de deux violons, il a prophétisé que le lendemain de chaque 31 Décembre nécessiterait d’ajouter une unité au nombre des années, il a inventé le trou dans le trou (permettant de tomber plus vite et plus profondément, ou de mieux voir à travers un trou déjà existant), il a traduit la bible et maints autres ouvrages en feu, il a permis à un nombre conséquent de béotiens de découvrir le goût sucré et insolite de la belladone, il a contribué aux efforts de la gravité en descellant maintes clefs de voûte, il a élaboré trois nouveaux crocs-en-jambe, il a inventé un pantalon sans poches et un autre sans jambes; mais tout cela est secondaire, car ce qui importe c’est qu’il ne portait pas de chapeau, et c’est pour cela que je l’admire.