10
Mai

Philanthrope

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

« Je ne puis comprendre pourquoi les gens se plaignent de l’affluence dans les musées.

– Bien évidemment : vous achetez à chaque fois une place à un enfant méphitique et pouilleux afin qu’il fasse fuir les visiteurs des les salles où vous vous trouvez.

– Certes, mais je paie ses services en monnaie sonnante et trébuchante.

– Lorsque l’on vole la somme dont on s’est acquitté ce n’est pas ce que l’on peut qualifier de « payer ».

– Hum, au moins aura-t-il pu profiter de la visite au musée et aura-t-il eu l’occasion de faire quelques poches de bourgeois.

– Mais enfin, vous lui volez aussi le fruit de ses larcins!

– Il se sera entrainé. Je suis un philanthrope, et tout le monde me jalouse car je récolte ce que je sème. Allez donc vous entasser avec les misanthropes dans les salles bondées, pour ma part je continuerai à faire le bien tout seul. »

6
Mai

Gustave Doré

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

4
Mai

Cherche crâne ou bocal

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Victor Frankenstein

Cherche crâne anthropoïde même de faible contenance ou bocal solide pouvant s’adapter sur cou chétif.

Suite à une bagarre contre une vieille grabataire durant laquelle mon arme s’est enrayée et mes lames cachées se sont brisées, mon crâne a été brisé. Je suis donc à la recherche de quelque chose pouvant faire office de tête de remplacement. Une simple fiole de chimie aurait bien fait l’affaire pour ma cervelle mais il me faut aussi y rentrer les yeux…

3
Mai

La fonction de l'artiste

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

La fonction de l’artiste est la même que celle de n’importe qui d’autre : brasser du vent en attendant d’aller se dissoudre dans une tombe, nourrir des nécrophages et fertiliser la terre de la nécropole où il sera inhumé. A la fin nous serons tous des artistes paysagistes, à notre façon de matière putrescible en attente.

 

2
Mai

Automobile

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

« Cette automobile peut vous mener où vous le désirez.

– Je désire aller voir le roi Arthur.

– Mais le roi Arthur est mort il y a de cela fort longtemps, si du moins il a bel et bien existé.

– Et alors?

– Et alors cette automobile ne permet ni le voyage dans le temps ni dans l’imaginaire.

– Alors précisez, mon vieux! Le temps et l’esprit sont des lieux, non-géographiques certes, mais des lieux tout de même.

– Bah, alors disons que mon automobile peut vous mener partout géographiquement et concrètement parlant, partout même où un train ne peut aller.

– Je désire aller sur la Lune.

– Vous êtes désespérant!

– Alors sous la calotte glaciaire de l’Arctique.

– Vous êtes affligeant et borné.

– C’est votre misérable automobile qui l’est! Elle ne vous servira qu’à de bien pitoyables voyages!

– Certes mais elle plait aux dames.

– Ai-je l’air d’une dame?! Vous par contre, mon vieux, commencez à vous poser des questions vu combien ce machin inutile a l’air de vous plaire. »

 

1
Mai

Au nom de la chlamydia, de l'herpès et des mycoses génitales, Amen

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Médecine, Non classé

Je ne comprends pas. Qu’une personne syphilitique copule avec une autre saine, ça d’accord, mais deux personnes saines ensembles, ou deux personnes déjà infectées, à quoi bon?

Toutes les maladies sont bonnes à prendre. J’aime offrir.

Stubbins Ffirth a prouvé que la fièvre jaune ne se transmet pas par les fluides (exception faite du lait maternel, d’après les dernières données). Mais à cette fièvre ajoutons l’herpès, les mycoses, la syphilis, la gonorrhée, le choléra, la phtisie, et bien d’autres. Le meilleur moyen d’être sûr est de goûter trois fois à un crachat (ou quelque autre sécrétion) avec un intervalle de dix minutes entre chaque dégustation, si le goût change radicalement c’est qu’il peut y avoir maladie. Les épidémies sont le plus souvent le fait d’empoisonnement collectifs, jouissons, jouissons comme des ânes.

Le syphilitique

Je ne veux pas jouer le pingre mais prenons toutes les maladies possibles tant qu’elles sont encore gratuites… Vous verrez que bientôt il va falloir payer pour une chaude-pisse.

Moïse le juif

30
Avr

Ultime

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé, Tératologique

« Fils bâtard d’une bossue à trois jambes sans pouces. »

Ambrose Bierce a pratiquement tout dit dans cette formule, après ça la littérature n’a plus de raison d’être (elle n’en avait pas plus avant, mais là ce n’en est que plus flagrant).

29
Avr

Conte de la cocasse

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

BellaDonna, un conte ridicule

Le pauvre Arturo n’était pas seulement fils d’un danseur de sabotage (comme on dit dans le Bolzano) et d’une tanneuse de peaux de dahuts, il était aussi fort laid, fort puant, fort maigre, fort manchot et fort bigleux. Ses cheveux étaient gras même lorsqu’il rasait son crâne à blanc, ses dents restaient jaunes même lorsqu’il les blanchissait à la chaux, et son haleine putride paraissait insupportable même aux chiens morts. Heureusement pour lui il n’était pas affligé d’un bec-de-lièvre, bien que son museau parut un groin de porc davantage qu’élément anthropoïde.

Alors lorsque Donna, la plus belle jeune femme de la contrée, passa avec son vendeur d’étoffes de père, il ne rêva même pas qu’elle lui accorda un seul regard. Pourtant la destinée suit d’étranges chemins et un matin Dona frappa à la porte de la famille de Arturo. Ce fut lui qui ouvrit, et ce fut de lui qu’elle s’éprit, ce fut à lui qu’elle pria d’accepter la dote qu’offrait son père.

Arturo était un sot, mais il avait pris l’habitude des traquenards comme parfois même peuvent en prendre les mouches coprophages. Il pensa qu’il y avait anguille sous roche, voire vipère sous le banc, voire couleuvre dans la gorge, il pensa que Donna était fille de mauvaise vertu arrivée au point de devoir se lier à un pourceau pour avoir bague au doigt. Il la mena donc à la légendaire Clairière des chastes, que seules les roulures peuvent passer sans se transformer en fleur.

Ah ! Arturo fut bien heureux que Donna ait pris racine, désormais il pourrait l’épouser, cette belle fleur. Il l’arracha donc de terre, la mit dans sa besace et repartit pour chez lui. Mais en route il se rendit compte que son sac était troué et que les pétales se séchaient plus rapidement que prévu. Vite, vite ! Il avala la belle Donna pour ne pas la perdre, et en rentrant chez lui, les yeux grands ouverts et bien noirs, il conta son aventure et sa fortune, et tout le monde attendit que le futur marié eut fini son transit pour récupérer la belle fleur, la parer d’une robe blanche immaculée et la faire passer devant le curé.

*

Si toi aussi tu croises une Belladonna, n’hésite pas, croque-la!

27
Avr

Grim tale

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Non classé

Il était un roi et une reine qui habitaient un beau et grand et majestueux château avec des donjons violets et des douves pleines de lotus roses et des murs peints et parés de riches tapisseries. Mais la reine pleurait souvent car elle n’avait pas de petit prince à offrir pour héritier à son mari. Alors elle pria sa païenne de suivante de convoquer des fées, et ce qui devait passer se passa : une nuée dorée apparut dans l’heureux ciel d’automne et comme d’éthérés carillons carillonnèrent.

Nul besoin de narrer ce qui se trama lors du rassemblement, qu’il suffise de savoir que quelques semaines plus tard les linges de la reine n’étaient plus gluants ni sanglants comme à chaque fin de mois lunaire, et son ventre était de plus en plus bombé.

Mais à un héritier il y avait un prix à payer, et lorsque la reine se libéra de son nouveau-né elle trépassa.

Alors le roi affligé alla l’enterrer malgré que tout le monde, sans pourtant oser le lancer au royal visage, pensait que c’était là mauvaise chose. Puis il cracha sur la fraiche tombe sur laquelle il s’était affairé, puis il battit des mains pour les débarrasser de l’infâme boue dont elles étaient souillées, puis quand il entendit les pleurs de son enfant sous la fraîche terre il se retourna vers le cadavre de sa femme qu’il avait posé contre un arbre et en embrassant ses lèvres mortes lui fit comprendre que le matricide avait été vengé.

*

L’on pourra se délecter de ces curiosités que sont les pleurnicheries souterraines en suivant le sentier planté d’eucalyptus australiens au sein de cette immense forêt sacrée de 0.0001 hectare derrière la rocade sud, à droite après le centre commercial. Vous pourrez à loisir vous reposer en vous asseyant sur les trois dernières pierres du château classé monument historique situé à trois kilomètres de là en empruntant le métropolitain puis la ligne d’omnibus à chevaux vapeurs numéro 3, ou en suivant le quartier d’affaires, la rue Roosevelt et en vous garant à la cité des Milles Merveilles, verrouillez néanmoins soigneusement les portières de vos voitures sans rien laisser sur les sièges.

26
Avr

De l'âme ou du corps, qui est le plus putrescible?

   Ecrit par : F.Thievicz   et classé dans Victor Frankenstein

Putrescere

Derrière elle désormais se peignait un long et gluant sentier grouillant de merveilleuses vermines faisant paraitre la piste telle une longue et décadente trainée de mariée habitant un vieux conte macabre. Ses joues creusées paraissaient des tombes visitées par des résurrectionnistes, trouées, percées, des lambeaux arrachés lui retombant sur le cou glauque, laissant se montrer des dents d’un blanc malsain de crâne comme on en peut admirer dans tous les cabinets de curiosités trop bien tenus.

Elle ne savait probablement pas où aller, mais en avançant d’un lent et morbide pas elle tournait pathétiquement la tête à droite et à gauche comme si les substances décomposées et visqueuses gouttant de ses cavités oculaires étaient encore des yeux fonctionnels.

Ce fut il y a exactement dix ans qu’elle accepta que je lie son âme à son corps plutôt que la laisser vivre sa mort.